« Et Recherchez votre subsistance auprès d’Allah… »

« Parmi les noms du Seigneur : Ar Razzaq, le Pourvoyeur »
(prône prononcé le 6 Janvier 2012)

Allah azza wa jalla a créé l’humanité dépendant de Lui pour sa subsistance, son Rizq. Et la recherche de cette subsistance occupe, préoccupe et soucie énormément les gens. Combien de frères se sont divisés à cause d’un héritage ? Combien d’amis associés dans le commerce se sont par la suite séparés pour l’argent ?  Combien de couples divorcés pour l’argent et les biens matériels ? Combien de cas dans les tribunaux et les prisons pour l’argent ? Et combien de meurtres finalement autours de l’argent ?

Chers frères, chères sœurs, Allah azza wa jalla dit dans son Livre Noble « Il n’y a point de bête sur terre dont la subsistance n’incombe à Allah qui connaît son gîte et son dépôt » (sourate Houd verset 6). Ce verset représente une règle ou une loi générale pour tous les êtres humains : en effet, la subsistance incombe à Allah, si tu ne te mets pas à sa recherche de ton Rizq, c’est lui qui te trouvera, tout comme la mort elle-même te trouvera.

Dans un hadith authentique rapporté par Boukhari et Mouslim, le messager d’Allah sas informait que la subsistance de toute créature lui fut fixé alors qu’elle était encore dans le ventre de sa maman.

Ailleurs, dans un hadith Qudsi, il est rapporté que Allah soubhannahu wa ta’ala a dit « « O Mes Serviteurs ! Je Me suis interdit toute injustice et Je l’ai interdite entre vous, ne soyez donc pas injustes les uns envers les autres.

O Mes serviteurs ! Chacun de vous est égaré sauf celui que J’ai guidé, demandez-Moi de vous guider et Je vous guiderai.

O Mes serviteurs ! Chacun de vous est affamé sauf celui que J’ai nourri, demandez Moi donc de vous nourrir et Je vous nourrirai.

O Mes serviteurs ! Chacun de vous est nu sauf ceux que J’ai habillés, demandez-Moi donc de vous habiller et Je vous vêtirai. »

Chers frères, chères sœurs, notre Rizq incombe à Allah, qu’il s’agisse de nourriture, de vêtement ou de travail.

Un jour, Yunus ibn ‘Obeyd était assis à table autours d’un repas de viandes et un chat est venu lui dérober un morceau de sa viande. Il suivit alors ce chat afin de savoir si il allait le manger ou le donner à ses petits mais il le vit plutôt entrer dans une habitation en ruine et déposer le morceau de viande dans un trou, miauler puis partir. Etonné Yunus ibn ‘Obeyd vit alors sortir un serpent aveugle qui huma la viande puis l’avala. Il pensa immédiatement au verset qui dit « Il n’y a point de bête sur terre dont la subsistance n’incombe à Allah qui connaît son gîte et son dépôt ; tout est dans un Livre explicite.» Soubhanallah.

Chères sœurs, chers frères, il faut savoir que le rizq n’est pas seulement l’argent, les meubles, les habitations ou les montures, mais que le regard, la vue est un rizq de la part d’Allah, que l’ouïe est un rizq de la part d’Allah, que la langue qui te sert à parler est un rizq de la part d’Allah.

Il est rapporté que Ibrahim ibnou Adham marchait un jour en rue et il entendit un nécessiteux qui demandait aux gens de l’aider en se plaignant qu’il n’avait qu’un peu d’argent et très peu de rizq. Alors Ibrahim ibnou adham alla à sa rencontre et lui dit « Ô homme, te plains tu de ton besoin et de ton peu de rizq ? » L’homme répondit « oui ». Il lui dit alors « Serais tu heureux de vendre tes yeux pour 100 000 dinars ? » L’homme répondit « non ». Il lui dit alors « et ta langue ? ». L’homme répondit « non ». « Et ton ouie ? » L’homme répondit « non ». « Et tes mains ? » L’homme répondit « non » Et il cita ainsi encore plusieurs autres organes. A chaque fois l’homme répondait « non, vous pourriez me donner 100 000 dinars pour qu’on me crève les yeux ou qu’on me coupe la langue, je ne pourrais jamais accepter cela. »
Alors Ibrahim ibnou Adham dit « Soubhanallah ! tu possèdes des centaines de milliers de dirhams et de dinars et tu te plains que Allah azza wa jalla ne t’aie pas donné de rizq ?!? »

Voyez, chers frères, chères sœurs, si on nous donnait à choisir entre nos yeux et un palais majestueux, nous garderions finalement nos yeux. Tout comme tous les autres bienfaits dont nous bénéficions et pour lesquels il nous faut remercier et louer notre Seigneur.

Combien de personnes riches dépensent des fortunes pour récupérer un de ces bienfaits lorsqu’il leur manque ?

L’imam Adh Dhahabi rapporte dans son livre « Siyar âlâm noubalae » que Aba Qulâba ra, un des plus grands exégètes du coran et élève de Ibn Abbas ra, lorsqu’il était devenu vieux et malade, s’était isolé des gens dans une tente dans le désert. Un homme vint le visiter un jour et ne trouva auprès de lui ni enfants, ni soutien, ni argent, ni meubles, à peine une cruche pour l’eau. Abou qulaba, aveugle, était assis humblement par terre tel un nécessiteux. L’homme s’est assis près de lui et lui a dit « Ô Aba Qulaba je suis venu à toi et t’ai entendu dire « Louanges à allah qui m’a préféré à grand nombre de ses créatures ». De quoi donc Allah t’a préféré à d’autres ? Alors que tu n’as ni argent , ni subsistance, ni enfant, ni soutien, ni meuble ? De quoi Allah t’a-t-il pourvu ? »

Abou Qalaba répondit « N’est-ce pas Allah qui m’a octroyé l’ouïe grâce à lauqelle je peux entendre l’adhan et écouter les paroles des gens ? » L’Homme répondit « Bien sûr ».
Il a dit « Combien de créatures sont sourdes et n’entendent pas ? » L’homme répondit « Elles sont nombreuses »
« Louanges à Allah qui m’a octroyé ce rizq et l’a enlevé à beaucoup de ses créatures et m’a préféré à elles. N’y a-t-il pas parmi les créatures d’Allah beaucoup qui sont démentes alors que moi je suis sain d’esprit ? » L’homme répondit « Bien sûr »
« Cela est un rizq pour lequel je loue Allah de me l’avoir octroyé et de m’avoir préféré à beaucoup des ses créatures. Combien parmi les créatures d’Allah sont muettes et ne peuvent pas s’exprimer, ni réciter le Coran et ne peuvent ni prêcher ni conseiller ni mettre en garde. » L’homme répondit « Elles sont nombreuses »
Il dit « je loue Allah de m’avoir préféré et de m’avoir octroyé une langue. »

Chers frères, chères sœurs, il faut prendre conscience de tous les bienfaits immenses qu’Allah nous a octroyés, le louer pour cela et le remercier comme il se doit. Si nous le remercions, Il nous en rajoutera d’autres à nos bienfaits. Et prenons garde à ne pas être ingrats envers Lui ou à rechercher cette subsistance par des voies qu’Il n’agrée pas car ces voies sont autant de portes menant à la pauvreté.

En effet, Allah dit dans la sourate An Nahl, au verset 112 : « Et Dieu propose en parabole une ville : elle était en sécurité, tranquille; sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate aux bienfaits de Dieu. Dieu lui fit alors goûter la violence de la faim et de la peur [en punition] de ce qu’ils faisaient. »

Ainsi, que chacun sache que la recherche de notre subsistance ne doit pas nous faire oublier ni nous détourner de ce qu’Allah a ordonné en fait d’adoration, d’éducation et de bienfaisance.

De même, ne croyons pas, chers frères, chères sœurs, que puisque la subsistance vient d’Allah, nous pourrions rester passif à attendre qu’elle nous parvienne. Bien au contraire. Il nous faut travailler en ce sens et faire les causes nécessaires puis placer notre confiance en Allah qui nous pourvoiera par ses grâces immenses.

Voyons l’exemple du meilleur des hommes, le messager d’Allah, Mohammed ibn Abdillah sas qui était lui-même commerçant. Voyons également l’exemple des compagnons ra.

Allah azza wa jalla cite dans la sourate el Mulk au verset 15 : « C’est Lui qui vous a soumis la terre : parcourez donc ses grandes étendues. Mangez de ce qu’Il vous fournit. Vers Lui est la Résurrection. »

Nous pouvons ainsi parcourir la terre et y occuper toutes sortes d’activités en recherche de notre subsistance. Œuvrer, chercher, faire des efforts et Allah nous pourvoiera.

Il est rapporté dans le hadith qu’un homme restait toute la journée dans la msoquée. Le messager d’Allah demanda qui était il ? On répondit c’est untel, il ne sort pas de la mosquée et reste constemment en adoration. Mais qui donc le nourrit ? demanda le prophète sas. C’est son frère, répondit on. Son frère est meilleur que lui, conclut le messager d’Allah.

En effet, Allah azza wa jalla n’a pas créé l’homme sur terre ni ne l’a fait hérité cette terre pour y rester uniquement en inclinaison et en prosternation. Non ! Mais il l’a plutôt créé pour L’adorer, pour travailler et pour y chercher son rizq.

Il se peut , cher frère, chère sœur, qu’Allah te pourvoie  et que tu ne soies pas à la charge de quelqu’un. Il dit dans la sourate ankabout 17 « Recherchez votre subsistance auprès d’Allah »

Nous invoquons Allah azza wa jalla afin qu’il nous satisfasse de ce qui est licite et nous éloigne de ce qui est illicite et qu’il nous enrichisse par Ses grâces qui ne proviennent au final de personnes d’autres que lui, soubhanahu wa ta’ala. Amin.

 

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